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Qui peut bénéficier d’un traitement focal par HIFU pour un cancer de la prostate ?

21 septembre 2026Dr Benjamin Moulincancer de la prostate

Le traitement focal par HIFU (ultrasons focalisés de haute intensité) est une approche mini-invasive du cancer de la prostate. Contrairement à la prostatectomie ou à la radiothérapie de l’ensemble de la glande, son objectif est de détruire uniquement la zone de la prostate contenant le cancer, tout en préservant autant que possible le tissu prostatique sain et les structures responsables de la continence et de la fonction sexuelle.

Tous les cancers de la prostate ne peuvent cependant pas bénéficier d’un traitement focal. La sélection repose principalement sur l’agressivité du cancer, son étendue, sa localisation sur l’IRM et les résultats des biopsies.

Un cancer localisé à la prostate

Le traitement focal s’adresse avant tout aux patients présentant un cancer localisé, c’est-à-dire limité à la prostate, sans extension ganglionnaire ni métastatique.

L’IRM prostatique joue ici un rôle essentiel : elle permet de localiser la tumeur, d’évaluer son volume et ses rapports avec la capsule prostatique, l’urètre, le sphincter et les bandelettes neurovasculaires.

Une maladie dépassant largement les limites de la prostate n’est généralement pas adaptée à un traitement focal.

Une tumeur clairement identifiable

Pour pouvoir traiter uniquement une partie de la prostate, il faut savoir précisément où se trouve le cancer.

La situation la plus favorable est celle d’une lésion dominante clairement visible à l’IRM, dont la présence et l’agressivité ont été confirmées par des biopsies ciblées.

Les biopsies systématiques ou cartographiques restent importantes car le cancer de la prostate peut être multifocal. Elles permettent de rechercher une autre zone tumorale significative qui ne serait pas visible à l’IRM.

Le traitement focal est donc particulièrement pertinent lorsque l’on peut définir une cible tumorale précise avec une marge de sécurité autour de celle-ci.

Quel score ISUP ?

En pratique, le traitement focal est principalement étudié chez des patients présentant un cancer de prostate de risque intermédiaire favorable, notamment un cancer ISUP 2 (Gleason 3+4), localisé et de volume limité.

Pour les cancers ISUP 1 (Gleason 3+3), la question est différente : lorsqu’ils sont réellement à faible risque, la surveillance active constitue généralement le traitement de référence, car il n’est pas toujours nécessaire de traiter immédiatement.

À l’inverse, les cancers plus agressifs, notamment les cancers à risque intermédiaire défavorable ou à haut risque, nécessitent généralement une prise en charge différente, car traiter uniquement la lésion visible risque de ne pas assurer un contrôle oncologique suffisant.

La localisation de la tumeur est importante

Toutes les lésions ne sont pas aussi simples à traiter par HIFU.

Le HIFU utilise une sonde placée dans le rectum qui concentre les ultrasons à l’intérieur de la prostate. La position et la profondeur de la tumeur influencent donc directement la possibilité de délivrer correctement l’énergie.

Les lésions postérieures et certaines lésions de la zone périphérique sont généralement facilement accessibles.

Les lésions très antérieures, notamment dans les prostates volumineuses, peuvent être plus difficiles à atteindre en raison de la distance entre la sonde et la cible.

Les lésions très apicales nécessitent également une attention particulière. L’apex de la prostate est situé immédiatement à proximité du sphincter urinaire. Il faut donc obtenir une marge suffisante autour de la tumeur tout en évitant une atteinte thermique du sphincter.

Dans certaines configurations anatomiques, une autre technique focale, comme la cryothérapie, peut donc être discutée.

Pourquoi réaliser une IRM et des biopsies avant le traitement ?

Le traitement focal repose sur une concordance entre plusieurs informations :

IRM + biopsies ciblées + biopsies systématiques + PSA + examen clinique.

L’objectif est de répondre à trois questions essentielles :

Où est la tumeur ? Quelle est son agressivité ? Existe-t-il ailleurs dans la prostate un autre cancer significatif qui nécessiterait également un traitement ?

Cette cartographie permet ensuite de déterminer si un traitement focal est possible et de choisir la technologie la plus adaptée à la localisation de la tumeur.

Quels sont les principaux avantages recherchés ?

L’objectif du traitement focal est de trouver un équilibre entre contrôle du cancer et préservation de la qualité de vie.

En ne traitant qu’une partie de la prostate, on cherche notamment à préserver au maximum le sphincter urinaire, les bandelettes neurovasculaires et le tissu prostatique sain.

Les séries contemporaines de traitement focal rapportent notamment des taux très élevés de continence sans protection après traitement. Le bénéfice potentiel sur la fonction sexuelle dépend cependant de la localisation et de l’étendue de la zone traitée.

Le traitement focal nécessite une surveillance après l’intervention

Un traitement focal ne signifie pas que toute la prostate a été traitée. Une surveillance spécifique est donc indispensable.

Elle repose généralement sur le dosage régulier du PSA, une IRM prostatique de contrôle et des biopsies de contrôle selon le protocole de suivi.

Une nouvelle lésion peut apparaître dans une autre partie de la prostate ou persister dans la zone initialement traitée. Un second traitement focal ou un traitement radical peut alors être proposé si nécessaire.

L’un des intérêts de cette stratégie est que le traitement focal ne ferme pas nécessairement la porte aux autres traitements en cas d’évolution ultérieure.

En résumé : quel est le profil d’un bon candidat au HIFU focal ?

Le profil typique est celui d’un patient présentant un cancer cliniquement significatif mais encore localisé, avec une lésion dominante bien individualisée à l’IRM et confirmée par les biopsies, une maladie de volume limité et une localisation permettant d’obtenir une marge de traitement satisfaisante sans exposer excessivement les structures fonctionnelles voisines.

La décision ne repose donc pas uniquement sur le score ISUP ou le PSA : l’analyse conjointe de l’IRM, des biopsies et de l’anatomie de la prostate est déterminante pour savoir si un traitement focal est possible et si le HIFU est la technologie la plus adaptée.

Une option qui reste encadrée

Les données disponibles sur le traitement focal sont encourageantes, notamment concernant la préservation fonctionnelle, mais son efficacité oncologique à très long terme reste moins documentée que celle de la chirurgie ou de la radiothérapie. Les recommandations européennes 2026 préconisent encore de proposer les traitements ablatifs focaux dans le cadre d’essais cliniques ou de registres prospectifs. La sélection du patient et l’information sur les différentes alternatives thérapeutiques sont donc essentielles.

Traitement focal par cryothérapie pour le cancer de la prostate
Traitement focal par cryothérapie pour le cancer de la prostate
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