→ Un changement de voie d’abord
Les traitements historiques du cancer de la prostate consistent en l’ablation de la glande par chirurgie, ou sa destruction à l’aide d’une irradiation externe (radiothérapie) ou interne (brachythérapie). Lors d’une cryothérapie, le but n’est pas de retirer la prostate mais simplement de détruire la partie envahie par la lésion cancéreuse, par congélation.
→ Le fonctionnement
La cryothérapie consiste à détruire la tumeur cancéreuse par le froid. Il s’agit d’une technique très répandue dans le traitement de différentes tumeurs cancéreuses, notamment dans le rein, le sein, ou encore le foie.
Grâce à un guidage combinant une échographie qui est fusionnée avec l’irm pré-opératoire, une aiguille est positionnée de façon très précise dans la tumeur. L’extrémité de l’aiguille est ensuite refroidie à -180° pour congeler la tumeur et entraîner sa destruction.
→ Les avantages d’un traitement peu invasif
La cryothérapie du cancer de la prostate est un traitement très peu invasif. En effet, l’intégralité du traitement est réalisé uniquement via une aiguille mise en place par le périnée (la zone de peau entre les testicules et l’anus). Après une surveillance de 4 à 12 heures, le patient peut rentrer à domicile. Le retour à une activité normale se fait habituellement dans un délai de 24 à 48 heures. Lorsqu’une sonde urinaire est laissée en place, ce qui n’est pas toujours le cas, elle peut généralement être retirée dans les 5 à 7 jours suivant l’intervention.
Enfin, la cryothérapie préserve presque toujours les fonctions urinaires (moins de 3% d’incontinence urinaire) et le taux de dysfonction érectile post cryothérapie n’excède pas 20 à 30%. Evidemment, ces complications surviennent plutôt chez les patients avec les tumeurs les plus mal situées (à l’apex notamment) ou les plus volumineuses et le taux attendu est très variable selon la localisation et la taille de la tumeur.