L’embolisation des artères prostatiques est une technique mini-invasive pour traiter l’hypertrophie bénigne de la prostate (HBP) ou adénome prostatique. Elle se distingue par un abord artériel, sans passage direct par la verge, et par un profil de sécurité favorable. Les données scientifiques récentes permettent de mieux cerner ses effets sur les symptômes urinaires et sur la sexualité.
Efficacité urinaire : que montrent les études ?
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Le taux de succès clinique (amélioration des symptômes) est d’environ 85 % à un an, dans plusieurs études. Par exemple, une méta-analyse a montré une amélioration significative de l’IPSS. lien de l’étude
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Le suivi à moyen terme (ex. 1,075 patients) montre que l’embolisation permet une amélioration durable avec peu de complications. lien de l’étude
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Une revue systématique et méta-analyse de six études (598 patients) a trouvé : pas de différence significative pour l’IPSS entre embolisation et résection transurétrale (TURP), mais un moindre taux d’effets indésirables pour l’embolisation. Lien de l’étude
→ L’avis de nos experts : l’embolisation de la prostate est efficace pour améliorer les symptômes urinaires liés à l’HBP, et ce avec un bon profil de tolérance.
Sexualité : l’embolisation permet-elle d’améliorer les érections?
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Une étude monocentrique (167 patients) s’est intéressé spécifiquement aux conséquences sur la sexualité de l’embolisation; dans cette étude, le score d’évaluation de l’érection est passé de 17 en pré-opératoire à 20 après 1 an de suivi. De plus, parmi les patients qui présentaient une dysfonction érectile débutante préalablement à l’intervention, 38% ont reporté une amélioration notable. Lien de l’étude
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Une étude prospective (147 patients) a montré à 12 mois que l’éjaculation antérograde était préservée chez 88,5 % des patients. Lien vers l’étude
- Une seconde étude prospective a montré une préservation de l’éjaculation dans 100% des cas avec toutefois une baisse de volume dans plus de 50% des cas Lien vers l’étude
→ L’avis de nos experts : l’embolisation présente un profil favorable pour la sexualité par rapport aux traitements chirurgicaux classiques. Il existe une partie des patients qui présente une amélioration des érections après embolisation, ceci survenant volontiers chez des patients avec une grosse prostate (volume au delà de 120 grammes). ceci pourrait s’expliquer par le fait que ces grosses prostates sont extrêmement vascularisée et par des connexions vasculaires pompent le sang normalement destiné aux artères de l’érection, avec pour conséquence un dysfonctionnement érectile d’origine artérielle.
Sécurité et complications
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Le taux de complications majeures est très faible dans les études prospectives disponibles. (Pas d’événement grave rapporté dans 147 patients sur 12–18 mois). Lien vers l’étude
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Le choix du patient (volume prostatique, anatomie vasculaire, état vésical) reste important pour limiter les complications et optimiser les résultats.
Facteurs influençant la réussite
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Une taille prostatique modérée ou grande ne semble pas exclure une bonne réponse à l’embolisation. Par exemple, une étude a comparé HBP de volume moyen vs volume large et trouvé des améliorations significatives dans les deux groupes. Lien vers l’étude
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Une sélection rigoureuse du patient et une bonne expertise de l’opérateur sont déterminantes.
À qui s’adresse ce traitement ?
Cette option est particulièrement intéressante pour :
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Les hommes souffrant de symptômes urinaires modérés à sévères liés à l’HBP
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Ceux qui souhaitent préserver leur fonction sexuelle
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Les patients chez qui la chirurgie présente un risque ou une contrainte
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Ceux recherchant une solution mini-invasive