Peut-on éviter l’ablation de la prostate ?

L’ablation complète de la prostate (prostatectomie totale) est un traitement de référence, notamment dans le cancer de la prostate localisé. Cependant, elle n’est ni systématique, ni obligatoire dans tous les cas. Aujourd’hui, certaines alternatives existent qu ipeuvent, chez des patients sélectionnés, éviter une chirurgie et ses potentielles conséquences.

Cancer de la prostate visible sur une IRM multi-paramétrique
Cancer de la prostate visible sur une IRM multi-paramétrique

Dans quels cas peut-on éviter l’ablation de la prostate ?

Tout dépend de plusieurs paramètres :

  • Type de pathologie : cancer, adénome (HBP), inflammation…
  • Agressivité de la maladie (score de Gleason, PSA, IRM)
  • Âge et état de santé du patient
  • Symptômes et gêne fonctionnelle

👉 Dans de nombreuses situations, une approche moins invasive est possible.

Quelles sont les alternatives à l’ablation de la prostate ?

1. Surveillance active (cancer peu agressif)

Pour certains cancers de la prostate à faible risque :

  • PSA bas
  • Gleason faible
  • Lésion limitée à l’IRM

➡️ Il est possible de proposer une surveillance active :

  • suivi régulier (PSA, IRM, biopsies)
  • traitement uniquement en cas d’évolution

✔️ Objectif : éviter un traitement inutile
✔️ Avantage : préserver qualité de vie (continence, sexualité)

2. Traitements focaux : traiter la tumeur sans enlever la prostate

Les traitements focaux ciblent uniquement la zone tumorale, en préservant le reste de la prostate.

Principales techniques :

➡️ Indiqués dans des cancers localisés bien visibles à l’IRM.

✔️ Moins d’effets secondaires
✔️ Préservation possible de l’érection et de la continence
✔️ Alternative crédible à la chirurgie dans certains cas

✔️ Objectif : éviter un traitement inutile
✔️ Avantage : préserver qualité de vie (continence, sexualité)

3. Radiothérapie : une alternative non chirurgicale

La radiothérapie permet de traiter toute la prostate sans chirurgie :

  • radiothérapie externe
  • curiethérapie (grains radioactifs)

✔️ Résultats oncologiques comparables dans certains cas
✔️ Pas d’opération

⚠️ Peut entraîner des effets secondaires urinaires, digestifs ou sexuels à long terme

4. Embolisation de la prostate (pour traiter l’adénome)

Chez certains patients en surveillance active, mais qui sont gênés par l’ hypertrophie bénigne de la prostate (HBP) :
➡️ L’embolisation des artères prostatiques permet de :

  • réduire le volume de la prostate
  • améliorer les symptômes urinaires

✔️ Technique mini-invasive
✔️ Pas de chirurgie, pas d’anesthésie générale
✔️ Préservation de l’éjaculation dans la majorité des cas

FAUT-IL TOUJOURS EVITER LA CHIRURGIE?

Non. La prostatectomie reste parfois le meilleur traitement :

  • cancer agressif
  • maladie étendue
  • échec des autres options

Et ce notamment chez les patients jeunes.

👉 L’objectif n’est pas d’éviter la chirurgie à tout prix, mais de choisir le traitement le plus adapté au patient, selon ses attentes sur le plan:

  • de la vie sexuelle
  • du confort urinaire
  • de l’adhérence ou pas à un suivi qui peut être parfois contraignant
  • du choix psychologiques du patient (il y a ceux qui veulent tout enlever, et ceux qui ne veulent rien toucher!)

→ La réunion de concertation pluri-discplinaire

Le choix d’une thérapeutique doit être validé au décours d’une réunion médical entre les différents acteurs de la prise en charge du cancer (oncologue, radiothérapeute, urologue). Cette réunion appellée RCP pour réunion de concertation pluridisciplinaire est obligatoire pour valider toutes les prises en charges d’un cancer en France.

→ L’avantage d’un centre proposant plusieurs technique de traitement

La consultation auprès d’un centre qui peut proposer toutes les techniques de traitements offre une valeur ajoutée pour la prise en charge.

Contact

Localisation

Consultations et interventions

Hopital Américain, Neuilly
Clinique Bizet, Paris 16